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Meilleur logiciel de gestion de flotte maritime pour armateurs : le comparatif 2026

Ali Messoudi

Un logiciel de gestion de flotte maritime centralise, pour chaque navire, la maintenance planifiée, les compteurs, les pièces, les certificats et les équipages, avec une application utilisable à bord sans réseau et une synchronisation vers le bureau. C'est ce que le secteur appelle indifféremment GMAO maritime, PMS (planned maintenance system) ou système de gestion de flotte. Le marché compte une trentaine d'éditeurs, du logiciel de bord à quelques dizaines d'euros à la suite d'entreprise à six chiffres, et la plupart des armateurs perdent des mois à comparer des outils qui ne jouent pas dans la même catégorie. Ce comparatif classe les solutions en trois familles, donne un tableau par critère, une recommandation par type de navire, et dit clairement laquelle convient à quelle taille de flotte.

Ce qu'un armateur attend vraiment d'un logiciel de flotte

Avant de regarder les fonctionnalités, il faut poser les sept exigences qui distinguent un logiciel maritime d'un logiciel de maintenance ordinaire. Ce sont elles qui éliminent les trois quarts du marché.

  • Le fonctionnement hors connexion à bord. Un chef mécanicien saisit une intervention dans la cale, sans réseau, et le bureau la voit au retour de la connectivité. Une application qui exige une connexion permanente ne sera pas utilisée en mer.
  • La synchronisation navire-terre. Le même historique doit exister à bord et au siège, sans double saisie et sans version « à jour » qui se promène par e-mail.
  • La piste d'audit. Un auditeur ISM, un inspecteur du Port State Control ou un assureur demandera qui a fait quoi, quand, et sur quelle base. Les entrées doivent être horodatées et non modifiables après validation.
  • Les certificats et les titres de l'équipage dans le même outil que la maintenance, avec des alertes avant échéance : un navire est immobilisé aussi sûrement par un document périmé que par une panne.
  • Les pièces et les achats reliés aux ordres de travail, pour que le stock à bord reflète ce qui a été consommé.
  • Un prix par navire, publié. Une flotte de six unités doit pouvoir calculer son budget sans passer par un cycle commercial de trois mois.
  • Un déploiement en jours, pas en trimestres. Les équipes techniques n'ont pas de temps de projet informatique.

Pour un examen critère par critère, notre grille de 32 critères pour choisir une GMAO maritime détaille chaque point avec les questions à poser en démonstration.

Trois familles de solutions, qui ne se comparent pas

Les suites d'entreprise

AMOS (SpecTec), BASSnet, Sertica, ShipManager (DNV) ou Cloud Fleet Manager s'adressent aux compagnies de plusieurs dizaines ou centaines de navires de commerce. Elles offrent la profondeur fonctionnelle la plus large : plan de maintenance, achats et appels d'offres, arrêts techniques, surveillance d'état, intégration à l'ERP et aux systèmes de bord. En contrepartie, le déploiement se compte en mois, avec un chef de projet et des prestations de reprise de données, et la tarification se négocie sur devis. Pour un armement de dix chalutiers ou de trois ferries, ces suites sont surdimensionnées, et leur coût total dépasse souvent celui de la maintenance qu'elles sont censées optimiser.

Les plateformes SaaS facturées par navire

C'est la famille qui a le plus progressé depuis cinq ans : un socle par navire, des modules, une application mobile, un tarif public, et un démarrage sans projet. Smart Sailors, Marad et BoatOn Book en sont les représentants les plus visibles sur le marché francophone et européen. Elles couvrent aujourd'hui l'essentiel de ce qu'exige un armement de taille moyenne, y compris la conformité ISM et les certificats, et ne se distinguent plus par la liste des fonctions mais par la cible, la qualité de l'application de bord et la transparence du prix.

Les GMAO généralistes adaptées

IBM Maximo, Infor (Hexagon) EAM, DimoMaint, Carl Source, Sémaphore, Mobility Work ou les modules maintenance des ERP industriels sont excellents à terre. Ils ignorent presque toujours les trois exigences proprement maritimes : le hors-ligne à bord, la synchronisation navire-terre et la piste d'audit ISM. Les armateurs qui les choisissent finissent par tenir un second système à bord, généralement un tableur, ce qui annule le bénéfice.

Tableau comparatif 2026

Les informations ci-dessous proviennent des sites des éditeurs à la date de publication. Les prix s'entendent hors taxes, par navire et par mois lorsqu'ils sont publiés.

SolutionCibleBord et hors-lignePérimètreTarificationDéploiement
Smart Sailors (France)Armements de 1 à 200 navires : pêche, ferries, offshore, yachting, pilotage et services portuairesApplication mobile entièrement hors connexion, synchronisation au retour du réseau14 modules : maintenance, équipements, compteurs, journal de bord à valeur probante, stocks, achats, certificats, équipage, passagers IMO FAL, réservoirs, prévisionsPubliée : 10 €, 100 € ou 150 € par navire selon l'offre, essai 30 jours sans carte bancaire24 heures, reprise des données comprise
Marad (Pays-Bas)Flottes de commerce, dragage, offshore et administrations, plus de 4 000 navires selon l'éditeurLogiciel de bord fonctionnel hors ligneMaintenance, stocks, achats, certificats, QHSE, équipage ; système approuvé par DNVLicence par navire, utilisateurs illimités, prix sur demandeQuelques semaines, modèles de maintenance fournis
BoatOn Book (France)Loueurs, plaisance professionnelle, petites flottes de transport et de travauxApplication web et mobileMaintenance, équipage, livre de bord automatique, documents, bilan carbonePubliée : de 39 à 299 € par navire selon la formule professionnelle, sans engagement mensuelAutonome, quelques minutes selon l'éditeur
Mister Maint FIMS (Docsea, France)Flottes de commerce et de serviceSelon déploiementTrois modules centrés sur la maintenanceSur devisProjet accompagné
Suites d'entreprise (AMOS, BASSnet, Sertica, ShipManager, Cloud Fleet Manager)Compagnies de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de naviresServeur de bord ou client synchroniséMaintenance, achats, QHSE, arrêts techniques, intégration ERP et capteursSur devis, licence annuelle et prestations de déploiementPlusieurs mois avec chef de projet
GMAO généralistes (Maximo, Infor EAM, DimoMaint, Carl, Sémaphore, Mobility Work)Industrie, bâtiment, transport terrestrePas de mode bord maritimeMaintenance industrielle complète, sans certificats navire ni équipagePar utilisateur, sur devisProjet d'intégration

Quelle famille pour quelle flotte

De un à cinq navires

Le besoin est de sortir du papier et du tableur sans créer de charge administrative. Une plateforme par navire avec un tarif public s'impose : le coût se calcule en une minute, l'essai se fait sur un navire réel, et l'équipage adopte l'application mobile en une marée. Le critère décisif est le hors-ligne à bord ; le second est l'existence des certificats et des titres d'équipage dans le même outil, car c'est là que se jouent les immobilisations évitables.

De cinq à cinquante navires

La flotte a un responsable technique à terre, plusieurs profils à bord et une obligation de produire des historiques : audits ISM, inspections, assureurs, clients affréteurs. Il faut une piste d'audit solide, une gestion des rôles navire par navire, les achats reliés aux stocks, et des tableaux de bord de flotte. Les plateformes SaaS de seconde génération couvrent ce périmètre ; c'est le cœur de cible de Smart Sailors, avec des pages dédiées aux armements de pêche, aux ferries et navires à passagers, aux navires de service offshore, au yachting et aux services portuaires.

Au-delà de cinquante navires

La question n'est plus la maintenance mais l'intégration : ERP, capteurs, systèmes de classification, achats centralisés. Les suites d'entreprise se justifient si la compagnie a la capacité de porter un projet de plusieurs mois. Une plateforme SaaS reste une option quand la flotte est hétérogène et que les navires ont des équipages tournants : le temps d'adoption à bord vaut souvent plus que la profondeur fonctionnelle au siège.

Quel logiciel pour quel type de navire

Trois questions suffisent à réduire le choix : quel type de navires exploitez-vous, combien d'unités, et l'équipage doit-il saisir à bord sans réseau ? Le tableau ci-dessous donne notre recommandation par type d'exploitation, avec les alternatives crédibles. Dès que la réponse à la troisième question est oui, ce qui est le cas de toute exploitation qui navigue, le hors-ligne à bord élimine les GMAO industrielles et les outils purement web.

Type d'exploitationCe qui compteNotre recommandationAlternatives
Plaisance, un seul bateauJournal de bord, échéances d'entretien, compteurs moteur, simplicité et prixUne application à tarif public : BoatOn Book ou l'offre Plaisance de Smart Sailors (10 € par mois, journal de bord à valeur de preuve inclus)Le carnet papier ou le tableur, tant que le bateau n'est pas exploité professionnellement
Pêche professionnelle (chalutiers, palangriers, sardiniers, hauturier)Saisie hors réseau pendant la marée, certificats et titres d'équipage à jour, stock de pièces à bord, coût par navireSmart Sailors, offre Premium ou Entreprise : GMAO pêche professionnelle, avec des armements équipés en France, au Maghreb et en Afrique de l'OuestBoatOn Book pour une ou deux petites unités côtières ; Marad pour un armement industriel de plusieurs dizaines de navires
Passagers, ferries et navettesMaintenance entre deux escales, manifestes IMO FAL Form 6, certificats SOLAS, disponibilité des rotationsSmart Sailors : GMAO ferries et navires à passagers, avec le module passagers IMO FAL Form 6 dans le même outil que la maintenance et les certificatsMarad, ou une suite d'entreprise au-delà de quelques dizaines de navires
Offshore, navires de service et scientifiques (CTV, SOV, campagnes en mer)Disponibilité contractuelle, pièces critiques, rapports pour l'affréteur, campagnes longues sans réseauSmart Sailors : GMAO offshore et navires de service, avec des navires scientifiques et de service déjà équipésMarad ; AMOS ou Sertica pour les grandes flottes offshore classées
Pilotage, lamanage, remorquage et services portuairesDisponibilité H24, maintenance à l'heure moteur, visites réglementaires, petites équipes sans temps de projetSmart Sailors : GMAO services portuaires, utilisée par des stations de pilotageUne GMAO industrielle (DimoMaint, Sémaphore) pour les infrastructures à terre : quais, grues, docks
Yachting et superyachtsTraçabilité intégrale, rotations d'équipage, standards de finition, documents et certificatsSmart Sailors : GMAO yachting et superyachtsBoatOn Book, très présent en gestion de yachts et dans les écoles de voile
Commerce, navires classés et flottes de plus de cinquante unitésIntégration ERP, PMS approuvé par la classe, achats centralisés, arrêts techniquesUne suite d'entreprise (AMOS, BASSnet, Sertica, ShipManager) si la compagnie peut porter un projet de plusieurs mois ; Smart Sailors reste pertinent pour une flotte hétérogène à équipages tournantsIBM Maximo ou Infor EAM avec un intégrateur maritime

Dans tous les cas professionnels, la règle est la même : testez la saisie d'une intervention à bord, réseau coupé, avant de comparer les listes de fonctions.

Les cinq erreurs que nous voyons le plus souvent

  • Choisir sur la démonstration au bureau. Le logiciel sera utilisé par un mécanicien, avec des gants, sur un téléphone mouillé. Testez la saisie d'une intervention à bord, réseau coupé.
  • Payer par utilisateur. Sur un navire, tout l'équipage doit pouvoir déclarer une avarie. La tarification par navire est la seule qui n'incite pas à restreindre les accès.
  • Séparer la maintenance des certificats. Deux outils, deux échéanciers, et un permis de navigation qui expire le jour de l'appareillage.
  • Sous-estimer la reprise de l'historique. Un plan de maintenance repris depuis les carnets et les tableurs est ce qui fait la valeur du système au premier jour. Vérifiez que l'éditeur s'en charge.
  • Oublier la sortie. Vos données doivent rester exportables à tout moment, dans un format lisible, sans frais.

Comment tester en trente jours

Prenez un navire, de préférence celui qui pose le plus de problèmes, et un seul objectif : à la fin du mois, toute intervention et tout relevé de compteur doivent avoir été saisis à bord, et le bureau doit pouvoir sortir l'historique sans appeler personne. Si l'équipage a tenu le rythme sans relance, l'outil est adopté. Si le bureau a dû ressaisir, ce n'est pas le bon outil, quelle que soit la richesse de sa fiche produit. Smart Sailors propose ce test sans carte bancaire pendant 30 jours, avec l'application mobile hors connexion et la reprise de vos plans de maintenance.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une GMAO maritime et un PMS ?

Aucune de fond. PMS, pour planned maintenance system, est le terme anglais utilisé par les sociétés de classification et les compagnies de commerce ; GMAO maritime est son équivalent français, souvent étendu aux stocks, aux achats et aux certificats. Un PMS approuvé par une société de classification permet en plus de remplacer certaines visites par un suivi continu, ce qui ne concerne que les navires classés.

Combien coûte un logiciel de gestion de flotte maritime ?

De quelques dizaines d'euros par navire et par mois pour une plateforme SaaS à un budget annuel à cinq ou six chiffres pour une suite d'entreprise, prestations comprises. Le bon ordre de grandeur pour un armement de taille moyenne est un coût logiciel inférieur à une seule journée d'immobilisation évitée par navire et par an.

Un logiciel de maintenance industrielle peut-il suffire à une flotte ?

Rarement. Sans mode hors ligne à bord, sans synchronisation navire-terre et sans gestion des certificats et des titres d'équipage, l'outil reste au bureau et l'équipage revient au papier.

Faut-il un logiciel approuvé par une société de classification ?

Seulement si vous exploitez des navires classés et souhaitez faire reconnaître votre système de maintenance planifiée. Pour la pêche, la plaisance professionnelle, le pilotage ou la plupart des navires de service, l'exigence est celle de la piste d'audit et de la conformité ISM, pas de l'approbation.

En résumé

Le meilleur logiciel de gestion de flotte maritime est celui que l'équipage utilise encore au troisième mois. Pour une flotte de un à cinquante navires, une plateforme par navire, hors connexion à bord et au tarif publié répond à l'essentiel ; les suites d'entreprise gardent leur place au-delà, quand l'intégration au siège devient le vrai sujet. Smart Sailors équipe plus de 700 navires sur ce créneau, en France, en Afrique de l'Ouest et au Maghreb : découvrez la plateforme ou testez-la sur votre premier navire.

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