Ouvrir un moteur auxiliaire qui tourne parfaitement, uniquement parce que le calendrier de la classe l'exige : tout chef mécanicien a connu cette frustration. À l'inverse, voir un surveyor refuser un crédit de visite parce que les enregistrements ne prouvent pas ce qui a été fait, c'est un arrêt technique qui s'allonge, un Condition of Class qui tombe et une facture qui grimpe. Entre ces deux extrêmes existe un cadre reconnu par toutes les grandes sociétés de classification : le système de maintenance planifiée approuvé, ou Machinery PMS.
Le principe est simple à énoncer et exigeant à tenir : la classe accepte que la maintenance réalisée par le bord, selon des périodicités et des critères d'acceptation issus des recommandations constructeur, vaille visite des éléments machine. Le chef mécanicien planifie et exécute ; le surveyor vérifie annuellement que le système fonctionne. On passe d'un contrôle par échantillonnage physique à un contrôle par la preuve documentaire — et c'est là que beaucoup d'armements se font piéger.
Cycle des visites de classe, conditions d'obtention chez DNV, Bureau Veritas, Lloyd's Register, RINA et ABS, maintenance conditionnelle approuvée, contenu réel de l'audit annuel : voici ce qu'il faut savoir avant de déposer un dossier. Avec une conviction de terrain : sans GMAO structurée, un PMS approuvé ne tient pas trois ans.
1. Le cycle des visites de classe : le calendrier que personne ne négocie
La classe repose sur un cycle quinquennal rythmé par des rendez-vous obligatoires. Le maintien de la cote — et donc la validité de l'assurance corps et machine, la conformité au pavillon et l'acceptation par les affréteurs — dépend du respect de ce calendrier. Les fenêtres varient selon la société et le type de navire, mais l'ossature est harmonisée entre membres de l'IACS.
| Type de visite | Périodicité | Fenêtre usuelle | Portée principale |
|---|---|---|---|
| Visite annuelle (Annual Survey) | Chaque année du cycle | Dans les 3 mois avant ou après la date anniversaire du certificat | Examen général coque et machine, sécurité, certificats — et audit annuel du PMS s'il est approuvé |
| Visite intermédiaire (Intermediate Survey) | Une fois par cycle | À la 2e ou à la 3e visite annuelle | Ballasts, espaces à cargaison, structure, selon âge et type de navire |
| Visite de renouvellement (Class Renewal) | Tous les 5 ans | Ouvrable dès la 4e année anniversaire, à achever avant expiration du certificat | Examen complet coque, machine, équipements ; mesures d'épaisseur, essais |
| Visite de carène (Bottom / Docking Survey) | 2 examens par période de 5 ans | Intervalle maximal usuel de 36 mois entre deux examens | Œuvres vives, safran, hélice, passe-coques, anodes |
| Visite en flottaison (In-Water Survey) | Peut se substituer à l'un des deux examens de carène | Notation adaptée et accord préalable de la classe | Inspection subaquatique par plongeurs ou ROV, avec enregistrement vidéo |
| Ligne d'arbre (Tailshaft Survey) | Typiquement 5 ans, extensible sous conditions | Selon lubrification, étanchéité et suivi approuvé (analyses d'huile, jeux) | Arbre porte-hélice, tube d'étambot, paliers, hélice |
| Chaudières et appareils à pression | Généralement 2 examens par cycle | Selon type, service et âge | Corps, tubes, robinetterie, soupapes de sûreté |
| Visite continue des machines (CSM) | Chaque élément listé une fois par cycle de 5 ans | En pratique, environ un cinquième des éléments par an | Liste des éléments machine soumis à visite — le périmètre exact du PMS approuvé |
Retenez la dernière ligne : le PMS approuvé ne remplace ni la visite de carène, ni le renouvellement de coque, ni les certificats statutaires. Il porte sur les éléments machine soumis à visite continue. Confondre les deux est la première source de malentendu avec la classe.
La visite continue des machines, clé d'entrée
Trois régimes coexistent pour les machines : la visite classique, où tout est examiné par le surveyor au renouvellement ; la visite continue, où les éléments sont répartis sur cinq ans et où une partie peut être examinée par le chef mécanicien avant confirmation ; et le PMS approuvé, où chaque élément dispose de son propre schéma de maintenance. Bureau Veritas décrit explicitement cette gradation. Basculer en PMS suppose donc, presque toujours, d'être déjà en visite continue des machines.
2. Ce que la classe attend vraiment
La classe ne demande pas « de la maintenance ». Elle demande la démonstration qu'une maintenance adéquate a été exécutée, au bon moment, par des personnes compétentes, avec les bonnes pièces, et que l'état constaté a été enregistré. Lors d'un audit, ce qui n'est pas tracé n'existe pas.
Le socle reste le Code ISM, dont l'élément 10 impose d'établir des procédures d'entretien, d'inspecter à intervalles appropriés, de rapporter les non-conformités, de prendre les mesures correctives, de conserver les enregistrements et d'identifier les équipements dont la défaillance soudaine peut avoir des conséquences critiques. Un PMS approuvé s'appuie sur ce socle sans s'y substituer : nous avons détaillé cette articulation dans notre article sur le Code ISM et la GMAO.
Sur le fond, un plan recevable est bâti sur les recommandations du fabricant : périmètre d'intervention, périodicité (heures de fonctionnement ou calendrier), critères d'acceptation chiffrés. Un plan qui se contente d'indiquer « révision annuelle du turbo » ne passera pas : il faut la gamme, la limite et la trace de la valeur mesurée. C'est la logique d'un plan de maintenance préventive construit méthodiquement.
3. Ce que change concrètement un PMS approuvé
Le crédit de visite passe au bord
Les opérations de maintenance planifiée exécutées et enregistrées à bord, sous la responsabilité du chef mécanicien, valent crédit de visite pour les éléments concernés. Chez Lloyd's Register, la mécanique est explicite : le chef mécanicien peut examiner les éléments sans présence d'un surveyor et émettre un crédit intérimaire (I credit) ; le surveyor délivre ensuite un crédit de confirmation (C credit) sur la base des enregistrements, ou un crédit d'examen (X credit) lorsqu'il assiste à l'ouverture. Chaque élément doit être crédité une fois sur les cinq ans, et LR précise que c'est au chef mécanicien de répartir ces crédits sur le cycle.
La planification revient au bord
Sans PMS approuvé, la date d'intervention est dictée par la disponibilité du surveyor. Avec, elle l'est par les compteurs d'heures, l'état réel et l'exploitation : on ouvre un moteur pendant une escale technique choisie, et non parce qu'il faut « faire signer » avant une date. RINA résume l'intérêt en une phrase — la visite s'appuie sur les heures de fonctionnement plutôt que sur un calendrier fixe. Pour un ferry en pleine saison ou un remorqueur sous contrat, cette liberté vaut cher.
Bénéfices et limites
- Plus d'ouverture systématique de tous les éléments au renouvellement quinquennal : DNV présente son PMS comme une alternative à l'inspection quinquennale traditionnelle.
- Interventions alignées sur les recommandations constructeur, donc sur la durée de vie réelle des composants.
- Immobilisations mieux maîtrisées : les ouvertures sont réparties dans le cycle plutôt que concentrées sur l'arrêt technique.
- Un dossier de preuve réutilisable en vetting, en due diligence de vente et auprès des assureurs.
Ce n'est pas pour autant un blanc-seing. Les règlements réservent au surveyor les essais de mise en parallèle des groupes électrogènes, les essais des dispositifs de protection et de sécurité, les essais en charge, les visites d'automatisation et les appareils à pression. Plusieurs règlements interdisent au chef mécanicien de créditer deux fois de suite le même élément. Et le surveyor conserve le droit d'exiger une ouverture s'il n'est pas satisfait de l'état apparent.
4. Éligibilité et dossier à constituer
Les prérequis
- Navire en visite continue des machines, à jour de ses visites, sans Condition of Class ouverte sur les éléments concernés.
- Un système en service depuis plusieurs mois : les procédures d'approbation demandent couramment de l'ordre de six mois d'exploitation, pour disposer d'un historique réel et non d'une base vide.
- Un logiciel accepté par la société de classification, par approbation de type (type approval) ou au cas par cas. DNV, Bureau Veritas et d'autres délivrent ces certificats aux éditeurs de PMS.
- Le chef mécanicien désigné responsable du système à bord, avec droits d'accès nominatifs.
- Un système exploitable en anglais et un équipage formé, capable de le démontrer devant le surveyor.
Le dossier à soumettre
- Organigramme des responsabilités à bord et à terre : DPA, superintendant, chef mécanicien.
- Procédure de classement et de conservation des documents et enregistrements.
- Liste des équipements proposés au schéma, alignée sur la liste des éléments soumis à visite continue.
- Procédure d'identification et de marquage physique des machines, avec correspondance entre le tag et le code logiciel.
- Fiche de maintenance préventive par machine : opérations, périodicité, critères d'acceptation, référence constructeur.
- Planning prévisionnel des interventions sur le cycle quinquennal.
- Procédures de suivi de tendance, de sauvegarde des données et de gestion des accès.
- Rapport annuel de fonctionnement du schéma, transmis à la société de classification.
La visite d'implémentation
L'approbation documentaire ne suffit pas : une visite d'implémentation a lieu à bord, généralement dans l'année qui suit. Le surveyor confronte le système au navire réel. La liste des machines est-elle complète ? Les marquages correspondent-ils aux codes ? Les enregistrements sont-ils cohérents ? L'équipage sait-il utiliser l'outil ? Trois issues : conforme, conforme avec remarques à lever, ou non conforme — auquel cas une nouvelle visite est nécessaire après correction. Le module Équipements fait la différence à ce stade : sans arborescence propre ni relevés d'heures fiables, la visite se solde par des remarques.
5. La maintenance conditionnelle approuvée (CM / CBM)
Le PMS approuvé fixe des périodicités ; la maintenance conditionnelle les remplace par la mesure de l'état réel. La classe l'accepte à condition que le dispositif de surveillance offre un degré de confiance équivalent ou supérieur à celui des techniques de visite traditionnelles.
Les techniques reconnues
- Analyses d'huile : spectrométrie, ferrographie, viscosité, comptage particulaire, teneur en eau. L'outil le plus mature pour moteurs, réducteurs et lignes d'arbre — il conditionne l'extension des périodicités de visite de ligne d'arbre.
- Analyse vibratoire : balourds, désalignements, dégradation de roulements, jeux excessifs sur pompes, ventilateurs, alternateurs et réducteurs.
- Thermographie infrarouge : connexions électriques desserrées, échauffements de paliers, encrassement d'échangeurs, isolation défaillante.
- Suivi de performance : pressions, températures, débits, consommations, diagrammes de combustion — la source la plus riche et la moins exploitée à bord.
- Contrôles non destructifs : ultrasons, ressuage, magnétoscopie, courants de Foucault.
Ce que la classe exige autour de la mesure
Le point d'attention n'est pas la technique mais le dispositif qui l'entoure. Les règlements demandent des paramètres limites fondés sur les recommandations du constructeur ou sur une norme internationale reconnue — pas sur une appréciation interne. Ils exigent les données de référence initiales (baseline) et l'ensemble des données accumulées depuis la dernière ouverture de la machine, une procédure de gestion des modifications de logiciel et de paramètres, et la justification des qualifications du personnel. Les guides de l'ABS sur les techniques de surveillance d'état hiérarchisent explicitement ces niveaux de compétence : thermographie et analyse vibratoire relèvent de techniciens formés et expérimentés.
Une mesure isolée ne prouve rien : ce que la classe évalue, c'est une tendance, une série datée, tracée, comparée à une référence et à un seuil. Notre article sur le passage de la maintenance curative à la maintenance conditionnelle décrit la marche à suivre. La société de classification conserve en toute hypothèse la faculté de demander une ouverture ou un essai indépendant.
6. L'audit annuel : ce que le surveyor contrôle réellement
L'audit est harmonisé avec la visite annuelle de classe. Son objet : confirmer que le schéma est correctement appliqué et que les machines ont fonctionné de manière satisfaisante depuis l'audit précédent. Voici ce qui est réellement regardé.
- Le rapport annuel du schéma : interventions réalisées, avaries, réparations, modifications de la liste d'équipements.
- Les tâches planifiées, réalisées, en retard et reportées : le volume de retard est le premier indicateur examiné.
- La traçabilité de chaque intervention : qui, quand, à quel relevé de compteur, quelles mesures, quel verdict par rapport au critère d'acceptation, quelles pièces montées.
- La justification des reports : un report n'est pas une faute, un report non justifié et non validé en est une. Motif, autorité de validation et nouvelle échéance doivent figurer dans le système.
- La maintenance corrective : toute avarie doit avoir été déclarée à la classe, réparée et enregistrée ; la réparation est vérifiée lors de l'audit. Plusieurs règlements demandent de conserver à bord les pièces déposées.
- Les pièces de rechange : disponibilité des pièces critiques, cohérence entre sorties de stock et interventions déclarées, traçabilité des références et certificats matière.
- La qualification du personnel : brevets, formations à l'outil, habilitations pour les techniques conditionnelles.
- La cohérence entre le logiciel et la machine réelle : le surveyor descend en machine et compare l'état constaté aux enregistrements. Un état d'entretien incompatible avec un historique parfait déclenche un approfondissement immédiat.
- La gestion documentaire : droits d'accès, sauvegardes à jour, non-modifiabilité des enregistrements clos.
À retenir — L'audit annuel du PMS n'est pas un audit de maintenance : c'est un audit de la preuve de maintenance. Le surveyor ne cherche pas seulement à savoir si vous entretenez bien votre navire, il cherche à savoir si vous pouvez le démontrer, élément par élément, date par date, mesure par mesure. Une équipe machine excellente aux enregistrements approximatifs perdra son crédit ; une équipe rigoureuse et outillée le conservera.
7. Les motifs classiques de suspension du crédit
Les règlements convergent : l'arrangement de visite sous PMS ou CBM peut être annulé si le schéma n'est pas correctement mis en œuvre. Les causes les plus fréquentes :
- Dépassement des périodicités convenues : cause numéro un. Des ouvertures repoussées au-delà des intervalles approuvés, sans justification ni validation, suffisent.
- Enregistrements incomplets ou incohérents : interventions closes sans mesure, sans pièce, sans signature, ou saisies en masse la veille de l'audit. Les horodatages parlent.
- Avaries non déclarées : une réparation majeure découverte pendant l'audit et jamais rapportée est une rupture de confiance.
- Écart entre le système et la réalité : état de machine contredisant l'historique, tag absent, équipement remplacé sans mise à jour de la liste.
- Condition of Class ouverte sur un élément du schéma : il en est généralement retiré jusqu'à résolution.
- Absence de pièces critiques ou écart entre stocks déclarés et inventaire physique.
- Changement de gestionnaire, de propriétaire ou de société de classification : l'approbation tombe et doit être réexaminée.
- Perte de données : absence de sauvegarde exploitable après un incident informatique.
8. Arborescence et codification : la condition d'un PMS auditable
Un PMS n'est auditable que si l'on peut, en moins d'une minute, remonter d'un équipement physique à son historique complet. Cela se joue à la conception de l'arborescence, pas la veille de l'audit.
Structurer
Adoptez une hiérarchie stable à quatre ou cinq niveaux : navire → système fonctionnel → sous-système → équipement → composant remplaçable. Exemple : Navire → Propulsion → Moteur principal → Turbocompresseur → Cartouche. Règle d'or : le niveau auquel on rattache une intervention doit être celui auquel on voudra produire une preuve. Tout rattacher au « moteur principal » rend l'historique inexploitable. Chaque élément de la liste de classe doit correspondre à un nœud identifiable de l'arborescence.
Codifier
- Un code unique et immuable par équipement, jamais réutilisé même après remplacement de la machine.
- Un code lisible : fonction + localisation + numéro d'ordre, par exemple ME-TC-01 pour le turbocompresseur n°1 du moteur principal.
- Une correspondance physique : plaque, étiquette gravée ou QR code sur la machine. Les procédures d'approbation l'exigent, et c'est ce que le surveyor vérifie au premier coup d'œil.
- Un marquage cohérent avec les schémas et le journal machine.
- Une codification des pièces reliée aux équipements, dans les deux sens.
Relier compteurs, stocks et achats
Trois flux doivent converger vers la même fiche équipement. Les compteurs déclenchent les tâches à l'heure de fonctionnement réelle. Les stocks tracent la pièce consommée sur l'intervention — le lien que le surveyor demande le plus souvent et qui manque le plus souvent, comme nous l'expliquons dans notre guide sur la gestion des stocks MRO. Les achats ferment la boucle en documentant l'origine et la conformité de la pièce.
9. La GMAO, support de preuve
Du point de vue de la classe, un PMS approuvé est un système documentaire avant d'être un outil de planification. Les règlements exigent un système informatisé, avec droits d'accès contrôlés, sauvegardes régulières et enregistrements exploitables. Une GMAO maritime n'est donc pas un confort : c'est l'infrastructure de preuve du dispositif. Ce qu'elle doit apporter :
- Horodatage et signature de chaque clôture de tâche, non modifiables a posteriori.
- Saisie hors connexion : en mer, un système qui exige du réseau produit des saisies différées, donc des historiques suspects. L'application mobile Smart Sailors fonctionne hors connexion et se synchronise au retour de liaison.
- Export structuré des historiques par équipement et par période, exploitable par le surveyor ou transmissible aux plateformes de suivi des sociétés de classification — DNV a par exemple industrialisé la revue à distance des données de PMS sur des flottes entières.
- Tableau de bord des retards et reports avec motif et validation : le Dashboard doit répondre en un écran à la première question de l'audit.
- Suivi des échéances de visites et de certificats, pour caler les interventions PMS sur le calendrier de classe via le module Certificats.
- Gestion des compétences de l'équipe machine et prévision de charge sur le cycle quinquennal, pour répartir les ouvertures plutôt que les concentrer sur la dernière année.
Avec plus de 400 navires équipés, nous observons une constante : les armements qui conservent leur crédit sans difficulté sont ceux qui ont fait le travail d'arborescence et de codification avant de demander l'approbation, et qui saisissent au fil de l'eau plutôt qu'en rattrapage.
FAQ
Un PMS approuvé dispense-t-il de la visite de renouvellement quinquennale ?
Non. Il dispense de l'ouverture systématique des éléments machine couverts par le schéma, la maintenance planifiée valant visite pour ces éléments. Le renouvellement de coque, la visite de carène, les mesures d'épaisseur, les essais réservés au surveyor et l'ensemble des visites statutaires restent dus.
Combien de temps faut-il pour obtenir un PMS approuvé ?
Il faut compter la constitution du dossier — arborescence, gammes, périodicités constructeur, procédures — puis une période d'exploitation réelle, les procédures d'approbation demandant couramment de l'ordre de six mois d'historique avant la visite d'implémentation. Sur un navire dont la documentation technique est en ordre, six à douze mois entre la décision et le certificat est un ordre de grandeur réaliste observé sur le terrain.
Faut-il un logiciel approuvé par la société de classification ?
Les sociétés délivrent des approbations de type (type approval) aux logiciels de PMS et acceptent aussi une approbation au cas par cas du système utilisé à bord. Les deux voies examinent les mêmes exigences : contrôle des accès, sauvegarde, intégrité des enregistrements, capacité d'export, disponibilité en anglais.
Que se passe-t-il si une tâche est en retard au moment de l'audit ?
Un retard isolé, documenté, justifié et assorti d'une nouvelle échéance validée n'entraîne normalement pas de sanction. Ce qui déclenche une remarque puis une suspension, c'est le retard non justifié, le retard systémique sur une famille d'équipements, ou le dépassement des intervalles approuvés sur des éléments critiques.
La maintenance conditionnelle peut-elle remplacer entièrement le PMS calendaire ?
Pas entièrement, et pas d'emblée. La CBM approuvée s'applique aux éléments pour lesquels vous démontrez une surveillance fiable : paramètres limites issus du constructeur ou d'une norme reconnue, données de référence, historique de tendance, personnel qualifié. En pratique, les armements combinent les deux régimes, et la classe garde le droit d'exiger une ouverture.
Le PMS approuvé s'applique-t-il aux navires de petite taille et au yachting ?
Oui, dès lors que le navire est classé et inscrit en visite continue des machines. Grands yachts, navires à passagers de taille moyenne, remorqueurs et navires de servitude en bénéficient couramment. L'exigence documentaire est identique quelle que soit la taille — c'est d'ailleurs sur les unités à effectif réduit que l'automatisation de la saisie apporte le plus.
Conclusion
Obtenir un PMS approuvé est un projet de quelques mois ; le tenir est un exercice quotidien. La différence se joue sur trois points : une arborescence alignée sur la liste des éléments soumis à visite, des gammes chiffrées avec critères d'acceptation constructeur, et une saisie faite au moment de l'intervention — pas trois semaines avant l'audit. Une fois acquis, ce crédit change la vie d'un armement : la maintenance redevient un choix d'exploitation et non une contrainte de calendrier.
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